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Bleu
sang T1 |
Edition originale |
DL 1994
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Mon
édition |
DL
11/2000 |
Cote |
NC / NC |
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Résumé T1
De temps en temps, les dieux énigmatiques qui jouent
nonchalamment avec nos destins, aiment bien déposer quelques signes,
illisibles dans l'instant, au-dessus de tel ou tel berceau.
Ce fut sans doute le cas pour Enki Bilal.
Il naît à Belgrade, capitale de la Yougoslavie, en 1951: d'une mère
tchèque et d'un père bosniaque. La ville saigne alors encore des plaies
reçues durant la seconde guerre mondiale. L'enfant en nourrit son
regard.
A dix ans, il part rejoindre son père en France. Dix ans encore et,
rassasié de cinéma et de bandes dessinées, il gagne un concours organisé
par le journal Pilote. En 1972, il y publie sa première histoire et
rencontre Pierre Christin.
De cette rencontre, naissent plusieurs albums, dont Les Phalanges de
l'Ordre Noir (79) et Partie de Chasse (83), qui marquent la prédilection
des auteurs pour des sujets géopolitiques mêlant l'approche
journalistique et le fantasme.
D'autres livres suivent, explorant d'autres formes narratives, Los
Angeles, l'Étoile oubliée de Laurie
Bloom, Cœurs Sanglants (toujours avec Pierre Christin) et Hors-jeu (avec
Patrick Cauvin).
Parallèlement, Bilal réalise en solo trois albums hors-normes,
La Foire
aux immortels (80), La Femme Piège (86), et
Froid Equateur que le
magazine « Lire » de Bernard Pivot, sacre meilleur livre de l'année
(92).
Grand Prix d'Angoulême en 1987, Bilal qui n'a pas oublié son travail
avec Alain Resnais sur La Vie est
un Roman, réalise son premier long métrage de cinéma, Bunker Palace
Hôtel (89).
Il se passionne également pour la scénographie et travaille avec André
Engel sur un opéra de Denis Levaillant, O.P.A. Mia, ainsi que pour le
Lyon Opéra Ballet et le chorégraphe Angelin Preijocaj (Roméo et Juliette
de Prokofiev).
Quarante ans ont passé, Belgrade n'est plus que la capitale de la Serbie
et l'ex-Yougoslavie panse
difficilement ses plaies.
Ce qu'a enregistré, entre temps, le regard de Bilal, nous le trouvons
dans les couleurs, la force et le baroque de ses livres.
Après la sortie de son deuxième film, Tykho Moon. Salué (!) par la
critique unanime, il s'est remis avec bonheur à la bande dessinée (avec
Le Sommeil du monstre) et il a veillé sur la réédition de cet ouvrage
chez son ami Christian Desbois.
Là, ce gentleman dont le pays natal n'existe plus, qui a
su, en plus, apprivoiser l'humour, nous offre - scrutant la vie privée
de son fameux couple Nikopol/Jill Bioskop - un hymne à l'amour d'un
modernisme qui devrait bien durer deux ou trois siècles.
De temps en temps, quand les dieux jouent, ils donnent la grâce.
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